You can't stop the Music playin'on ( ou petit voyage dans no

Pour parler de musique, de cinéma, de peinture etc. Une seule rubrique par thème, SVP...
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lagon requin
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Message par lagon requin »

Dernier message de la page précédente :

:D Mais non cher Aristide moi aussi j'adore Procol Harum toujours le plaisir de vous lire :D
:shock:
je rêve d'un train très grand où la paix voyage avec tous les enfants et que nous puissions voir les spectacles de l'amour où on nous donne de l'affection.
Erika Johana Quintero ,14 ans

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Guy Bonnardeaux
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Message par Guy Bonnardeaux »

Bernard a raison, Aristide. C'est aussi une joie de lire tes avis. Grand Hotel et A Salty Dog : excellents choix !
Pour la suite du feuilleton, les amis, ce sera pour la semaine prochaine car les studios Abbey Road sont occupés aujourd'hui :o :sleep:

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Boy
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Message par Boy »

:oops: J'espère ne pas pourrir ce passionnant topic (merci et bravo Guy! ;) ), mais c'était juste pour signaler que j'avais glané sur le net quelques titres qui me manquaient ( :shock: ) de Gene Vincent, mon autre "idole" avec Eddy Mitchell... :D
"La montagne, couverte d'une jungle épaisse semblable à un tapis de caoutchouc mousse, glissa sous le ventre brillant du Mitchell... Et tout à commencé.

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Guy Bonnardeaux
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Message par Guy Bonnardeaux »

Bonsoir,

Boy, il n'y a jamais de mauvaise intervention quand il s'agit de bonne musique, de gentillesse et d'amitié, pas de problème, bien au contraire, ami.

A tous les amateurs, une petite supplique :
un disque fabuleux - dont je vais of course parler plus tard - me pose un problème : j'ai le disque, vinyl, la pochette intérieure mais PAS la pochette extérieure, la vraie. Quand je l'ai acheté, il y 20, 25... etc ans - bon, no comments, ça fait un moment quoi... il est vrai que hélas dans quelques jours je vais passer la barrière des 60's et que je ne peux pas comme dans les 4 premiers 50 ans inverser mon âge dans ma tête, 06 quand même pas ... - il était comme ça, sans la pochette ... mais à un bon prix.
Il s'agit de :
The Aynsley Dunbar Retaliation ( Aynsley ex-batteur de John Mayall ( sur le fabuleux A hard Road ! ave Peter Green et ensuite futur Mother of Invention avec le grand Frank Zappa et puis bien d'autres projets ... ), intitulé DOCTOR DUNSBAR's PRESCRIPTIONS. Mâtin comme aurait écrit René Goscinny, quel disque ! Un opus !
BYG records 529.504 - série pop blues - vol. 4 ... version française ( il doit y en avoir une anglaise mais moi c'est la nôtre, la française que je possède ). Vers 1968 par là ...

Si quelqu'un parmi vous les amis avait une photo de la pochette .... ou - oserais-je ? - une pochette dont il n'a cure ... :oops:

Merci d'avance, friends,
Cheers,
Guy

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Guy Bonnardeaux
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Message par Guy Bonnardeaux »

R’n’B blows on River Thames …

Londres est une très grande ville. Si on prend en compte toute sa banlieue, la London Metropolitan Agglo., elle dépasse les 8.000 km2 de superficie et abrite plus de treize millions d’âmes. Ce n’est pas rien.

La ville est administrée en une série de councils, buroughs ( conseils municipaux en quelque sorte ) dont les noms flairent bon les pubs, les terrasse houses avec jardinets et grillages, les salons de thé où l’on sert des scones and jam, les bus à impériale, les dernières traces de l’empire : Enfield, Islington, Bromley, Greenwich, Croydon, Clapham, Westminster, Kensington, Chelsea, Pimlico, Hammersmith, Fulham … Il y en a un peu plus d’une trentaine.

L’un de ces councils, Richmond, a laissé son nom dans l’histoire de la pop music puisque c’est sur son territoire que l’on trouve le Crawdaddy Club, rampe de lancement de la carrière des Rolling Stones et des Yardbirds. Notamment.

Quant à Soho, il se trouve dans le West End, entre Picadilly Circus, Regent et Oxford Street, Leicester Square ( souvenons-nous sur l’album Stand up ! de Jethro Tull, la plage Jeffrey goes to Leicester Square ) où se réunissaient beaucoup de buskers ( chanteurs de rue ). C’est dans Soho, Wardour Street précisément, que se niche une autre scène célèbre, le Marquee ( nous l’avons connu à 50 pence – 50p – le ticket d’entrée … ), un antre assez sinistre dans une rue un peu inquiétante qui a vu défiler sur son podium un nombre incalculable de groupes et de stars.

Dans Soho, on visitait aussi Carnaby Street, à deux rues de Picadilly Circus et sa statue d’Eros. C’était à une époque le temple de la mode et des fringues. Michelle et moi en avons encore connu la bonne période quand il était si plaisant de s’y promener de magasin à magasin, avant que la petite artère ne soit occupée par des commerces de bibelots pour touristes sans intérêt et par la suite malheureusement conquise par les skins… J’ignore ce qu’elle est devenue de nos jours.


…et quand il fait ses petits tours
Des boutiques de Londres ville
Traquant avec passion les dernières affaires et tendances
Parce que c’est un inconditionnel de la mode
…Dans Regent Street et Leicester Square
partout l’armée des adeptes de Carnaby ( street ) est en marche
chacun de ses membres ( étant ) un inconditionnel de la mode
… il virevolte d’un magasin à l’autre comme un papillon
en matière de vêtements il est des plus versatile
Parce qu’il est un inconditionnel de la mode
- les Kinks Dedicated Follower of Fashion, 1966



Les paragraphes qui précèdent ne sont destinés qu'à planter le décor…

Si Liverpool et les groupes Merseybeat étaient d’abord influencés par le rock and roll pur et la vague du Trad’ de Lonnie Donegan, à Londres le jazz et le blues étaient les idiomes de prédilection des amateurs de musique, initiés par les émissions radio programmées par les U.S. Forces en Europe et attirés par les tournées de vedettes américaines.

C’est d’abord le Blues que les jeunes musiciens travaillent et jouent. Une musique qui jusqu’alors paie bien mal ses créateurs noirs mais qui va offrir à ces nouveaux venus une place au soleil parce qu’ ils vont l’adapter à leur propre feeling, la faisant leur. En même temps, tous ces harmonicistes, chanteurs, guitaristes, claviéristes vont faire découvrir ce genre musical à un nouveau public. Nous.

Le moment est de plus, et c’est la chance de ces étoiles montantes, approprié, les recruteurs des maisons de disques, impressionnés par le succès rencontré par les Beatles et soucieux, on peut le comprendre de ne pas passer à côté de potentielles poules aux œufs d’or, cherchant à engager de nouveaux noms prometteurs.

Un homme étonnant, Giorgio Gomelsky, va jouer un rôle de premier plan dans toute cette aventure. Personnage truculent, haut en couleur et doué d’un talent rare pour dénicher la perle parmi tous ces gamins ambitieux.

Né en Géorgie en 1934, il connait bien des exils – la Syrie, l’Egypte, l’Italie – et des tribulations avant que sa famille ne se fixe en Suisse où vers l’âge de dix ans, il découvre le jazz importé par les troupes américaines en Europe. Cette musique devient pour lui une passion qui le pousse quelques années plus tard à faire le voyage de Paris en bicyclette pour aller entendre Charlie Parker en concert à la Foire du Jazz…

Veuve, la mère de Giorgio, styliste, s’installe à Paris où elle travaille dans les ateliers de Claude St Cyr et laisse son fils terminer ses études en Suisse. Anglophile, elle est envoyée par son employeuse à Londres pour y gérer une filiale lancée sur les Iles. C’est de là qu’elle fait parvenir chaque semaine à Giorgio le journal musical Melody Maker pour lui permettre d’ améliorer son Anglais tout en l’informant des mouvements de la scène jazzy britannique. Le Melody Maker était au départ un journal hebdomadaire entièrement consacré au jazz. Ce n’est qu’avec l’avènement de la musique pop et r’ n b des groupes anglais que la rédaction s’est ouverte à d’autres formes musicales pour lesquelles elle a créé son célèbre Top POP 50.

Enfin installé à Londres, Gomeslsky ouvre le Crawdaddy Club, 1 Kew Street à Richmond en 1962. Avant cela il a dirigé l’enregistrement cinématographique d’un concert du trombone Chris Barber et filmé diverses séquences montrant entre autre l’Alexis Korner Blues Incorporated, un groupe dont le batteur n’est autre que Charlie Watts – futur Rolling Stones – et qui emploie le grand saxophoniste Dick Heckstall-Smith qui fera parler de lui par la suite en rejoignant Jack Bruce – futur Cream – au sein de la Graham Bond Organization et en jouant plus tard avec John Mayall lors d’éprouvantes tournées et sur de fabuleux albums.

Alexis Korner en ce qui le concerne est considéré, avec l’harmoniciste Cyril Davies, comme étant le véritable déclencheur du British Blues Boom dont le chef de file deviendra par la suite John Mayall. Alexis Korner a enregistré de bons disques parmi lesquels l’excellent A New Generation of Blues et un double album Bootleg him ! introuvables de nos jours. Mais il n’avait pas le petit truc qu’auront ses successeurs. Son jeu, sa voix sont parfaits mais il n’a pas ce qu’il faut pour captiver les foules. C’est lui qui a écrit les notes de pochette du premier LP publié par John Mayall en 1965, Live at Klooks Kleek.

Cyril Davies, mort trop jeune, n’a pas laissé beaucoup d’enregistrements et je ne possède d’ailleurs qu’un morceau sur une compilation Anthology of British Blues.

Au Crawdaddy, pour l’anecdote, l’un des premiers groupes engagé par Giorgio fut l’inconnu Dave Hunt R’ n B Band qui comptait en ses rangs … le jeune Ray Davies, futur génie des Kinks…

Notre promoteur engage alors les Rolling Stones de Brian Jones – leader au départ – qui vont rapidement rouler sur le monde des charts et devenir le monument du rock qu’ils sont longtemps demeurés … sont encore mais enfin, bon …

Les Stones partis vers des lieux autrement prestigieux, le rusé Gomelsky ouvre ensuite son club à un autre combo de légende, les Yardbirds qui voient s’épanouir un génie de la guitare, Eric slowhand Clapton…

GG n’en restera pas là. Il prend un temps sous son aile les Paramounts – futurs Procol Harum – the Blossom Toes, Magma ( avec Christian Vander, souvenons-nous Kobeiya … ), Daevid Allen Gong, les débuts de Soft Machine … Et surtout la chanteuse Julie Driscoll et le talentueux claviériste de Jazz Brian Auger. Pour eux et d’autres, il crée sa propre compagnie discographique, Marmalade.

Quand je vous disais que le bonhomme a marqué son époque … ( Plus de détails dans le prochain numéro ... )

Pendant ce temps-là, les Beatles nous faisaient rire dans un premier film, A hard Day’s Night et sortait le fabuleux album du même nom. Une face 1 reprenant les chansons entendues dans le film – dont cet extraordinaire A hard Day’s Night et If I fell – et une face 2 avec de splendides compositions comme I’ll cry instead, Things we said today ou le très bel I’ll be back. Treize titres tous signés Lennon-Mc Cartney : qui disait mieux ? En prime, une pochette originale dans sa conception, une de plus …

Quelle époque !

( à suivre )
Modifié en dernier par Guy Bonnardeaux le lun. 14 janv. 2013 11:52, modifié 1 fois.

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Message par Guy Bonnardeaux »

Mea culpa 3 :affraid:

Lire dans le dernier paragraphe : ... A hard Day's Night et sortaiENT le fabuleux album ... et non sortAIT.
Impardonnable, désolé :oops:

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cachi
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Message par cachi »

T-excuses pas parce que je t-attends sur la suite sur les Kinks après ces fabuleuses années. Dans les 80, ils donnèrent dans une musique plus dure et furent très décriés par les "puristes". En étais-tu? :D :D Moi pas

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Guy Bonnardeaux
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Message par Guy Bonnardeaux »

:D
moi non plus :)

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Guy Bonnardeaux
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Message par Guy Bonnardeaux »

Sortir un film comme A Hard Day’s Night était une idée de génie. En pleine Beatlemania c’était un cadeau du ciel que de VOIR les Beatles bouger, parler, chanter pour tous ceux qui comme moi n’avaient pas l’occasion de les applaudir sur scène. Ils ne sont jamais venus en Belgique, une absence qui m’a toujours laissé perplexe… On se console néanmoins comme on peut et je me dis que de toute manière le concert éventuel aurait été inaudible en raison de la folie des midinettes …

Un environnement insupportable pour les musiciens eux-mêmes qui ne s’entendent plus jouer – il n’y a pas de console comme de nos jours – et risquent à chaque instant de sombrer dans la cacophonie…

On peut se faire une idée précise du phénomène en visionnant le concert au Shea Stadium de NY en 1966 : la musique semble devenue accessoire pour le public qui n’est là que pour voir et hurler. Les visages de John, Paul, George et Ringo reflètent bien le désenchantement qui les habitent de plus en plus devant la tournure que prennent les évènements à chacune de leurs prestations.

Cela les conduira en fin de compte à supprimer les tournées et à se concentrer – et c’est heureux pour nous – sur la création et les disques.

Le film était donc une aubaine. Le scénario n’est pas bien compliqué. Le spectateur est invité à suivre le groupe en déplacement, lors de la préparation et l’enregistrement d’un show télévisé. On nous montre les mille et un trucs imaginés par l’entourage et les roadies pour permettre aux musiciens d’échapper aux meutes de fans déchaînées qui les poursuivent sur les quais de gare, dans les rues, font le siège devant les hôtels et les salles de concert. Ce qui est intéressant dans le film est tout ce qui tourne autour de cette histoire simpliste et la découverte, surtout, de l’humour débridé des Beatles.

Des images suscitent aussi la réflexion en montrant que le groupe vit retranché du monde, aucun d’entre eux – l’escapade comique d’un Ringo déguisé en clochard et poussé à partir vivre sa vie par une nouvelle facétie de Wilfrid Bramble, l’impayable acteur qui incarne le grand-père de Paul mise à part – n’ose sortir dans la rue, comme tout un chacun, vous et moi. Ils passent en fin de compte la majeure partie de leur vie dans des chambres d’hôtel, des studios ou sur une scène, surveillés, protégés par un service d’ordre inquiet dont le travail contribue à augmenter leur sentiment de solitude. La rançon de la gloire dit-on.

Une séquence en dit long sur ce statut « d’objets » de consommation. Le groupe chante pour lui-même I should have known better dans une cage, derrière un grillage contre lequel sont agglutinées des admiratrices. L’une d’entre elles tente de toucher les cheveux de Ringo en passant la main au travers des barreaux, au grand désarroi du batteur surpris par ce geste incongru. L’illustration en somme de ce que le business et la folie du public font d’eux : des animaux savants enfermés pour faire leur tour dans des lieux clos, contemplés, désirés par d’autres animaux …

Ce constat mis à part, A Hard Day’s Night est avant tout un excellent divertissement, truffé de bons mots et exemplaire de la manière bien à eux qu’ont à l’époque les Beatles de provoquer autrui gentiment, en usant de leur sens de l’humour dévastateur …

En 1964 à Paris, un journaliste de la BBC leur demande :
On dirait que les Français ne savent que penser des Beatles. Qu’est ce que vous pensez d’eux ?La réponse de John fuse :
Oh, nous nous aimons les Beatles !
Un jour que l’on demande à Ringo à quoi il attribue le fait qu’il est celui des quatre qui reçoit le plus de lettres, il répond, logique :
J’imagine que c’est parce que plus de gens m’écrivent…
( rapportés par Mark Herstgaard dans le livre déjà mentionné ).

Tout cela est spontané, inattendu. Neuf. On retrouve cet esprit tout au long du film comme à l’occasion de ce cocktail snobinard, guindé, superficiel où les participants s’empiffrent aux frais de l’organisateur et posent des questions d’une rare stupidité :

Comment avez-vous trouvé l’Amérique ?
John : A gauche après le Groenland…

Comment appelez-vous votre coiffure ?
George : Cheveux longs !

Etes-vous Mod ou Rocker ?
Ringo : I am a Mocker !

Que pensez-vous de …bla … bla…
Paul : Oh ce n’est qu’une amie …

Il y a également ce passage où un styliste imbu de lui-même, gonflé de son importance, voit tout ce qu’il propose à George ( chemises, … ) critiqué, dénigré, qualifié de ringard … ou celui durant lequel une dame myope croit avoir reconnu Lennon qui lui dit qu’il n’est pas lui … Elle finit par chausser ses lunettes et déclarer : « Non, au fond, vous ne lui ressemblez pas … » No comment.

Le film se termine par un mini concert perturbé par une apparition inattendue sur scène du grand-père de Mc Cartney. Il y a eu tant de trouvailles tout au long de ce tournage qu’il se dégage de tout cela une agréable fraîcheur, un sentiment d’improvisation ( alors que tout était écrit ), une gaîté communicative qui font que ce qui au départ n’avait pour but que de montrer les Beatles au plus grand nombre, devient une œuvre marquante, originale, attachante et riche.

Et que dire de la musique sinon qu’elle est tout simplement géniale ? Entièrement signée Lennon/McCartney !

La première face de l’album regroupe les chansons entendues tout au long du film et la face b une collection de compositions nouvelles.

John se taille la part du lion avec dix morceaux parmi lesquels le fabuleux A Hard Day’s Night et son intro si particulière ( les critiques ne sont toujours pas d’accord entre eux pour désigner la note que produit le coup le coup de mediator de George pour lancer la chanson ), l’une des plus belles mélodies du disque If I fell et d’autres perles comme I’ll be back.

Paul produit trois futurs classiques : And I love her ( considéré par Lennon comme le premier yesterday écrit par son acolyte ), Can’t Buy Me Love ( sorti un peu plus tôt en 45t ) et sur la face b, le magnifique Things we said Today que le célèbre musicologue Wilfrid Mellers ( que l’on peut voir dans la série de 5 DVD Beatles’ Anthology ) décrit à l’époque comme « la plus belle et la plus profonde chanson des Beatles jusqu’à présent. »

A propos de Can’t Buy Me Love, je me souviens qu’en 1973, à Londres, lors de la relève de la garde un matin, la fanfare des Guards, jouait encore ce morceau … et, pour l’anecdote, Puppet on a String de Sandie Shaw …moins attirant ...

Pour ce qui me concerne, le LP A Hard Days Night est incontestablement un jalon majeur dans l’évolution du groupe, dans son travail de composition et de création.

Quant au film, si on peut y voir quelques références aux Marx Bros ou à - l’unique - W.C. Fiels, il regorge surtout d’inventions, de rythme, de joie, même s’il montre aussi les travers qu’entraîne une renommée voulue mais devenue incontrôlable. Quand on pense qu’au départ, les boys pensaient « .. make a few bobs and then that’s it » - faire un peu d’argent jusqu’à ce que cela s’arrête forcément – et n’avaient jamais imaginé devenir un phénomène durable ni qu’ils allaient créer des choses merveilleuses et écrire ainsi l’une des plus belles pages de l’histoire de la musique du 20ème siècle … et de nos jours ... the beat goes on !

De leur côté les Rolling Stones commencent eux aussi à aligner les succès et à fidéliser une armée de supporters. Après Come on ( de Chuck Berry ), I wanna be your Man ( Lennon/McCartney ), Not Fade Away ( Buddy Holly ), It’s All Over Now ( B. & S. Womack ), ils sortent enfin un original signé Jagger/Richard intitulé Tell Me. Un bon slow un peu répétitif au niveau du refrain. Il est remarquable de constater – c’est pour cette raison que j’ai indiqué les noms des auteurs des chansons – qu’à l’opposé des Beatles, le groupe travaille essentiellement des reprises.

Le premier – et excellent album – regroupe 12 plages qui ne comptent qu’un original, le fameux Tell Me. Il propose par contre une signature Nanker-Phelge pour deux morceaux, l’instrumental Now I’ve got a Witness et Little by Little… nous apprendrons par la suite que ce mystérieux duo est en fait un pseudo pour Mick et Keith… Mais pourquoi cette mascarade ? Mystère. Beaucoup l’ignorent peut-être aussi mais le célèbre Phil Spector a beaucoup travaillé sur cette musique. Il a préféré – étonnant quand même – garder l’anonymat…

Le disque suivant – tout aussi bon – compte trois compositions nouvelles : What A Shame et ses effets slide, Grown up Wrong ( loin d’être un chef d’œuvre impérissable … ) et Off the Hook …

Tout au long de ces deux LP on trouve nombre de compositions d’artistes de R ‘n B et de Blues noirs, des musiques qui étaient à ce moment-là la marque du groupe : Everybody Needs Somebody to Love ( popularisé par Wilson Pickett ), You can’t catch Me et Carol ( Chuck Berry ), Under the Boardwalk ( Drifters ), Walking the Dog ( Rufus Thomas ), Can I get a Witness ( Marvin Gaye ), I can’t be satisfied ( Muddy Waters ), I just want to make Love to you ( Willie Dixon ) Mona, I need you Baby ( du grand Bo Diddley ), Honest I do ( Jimmy Reed ), l’immense I’m a King Bee ( Slim Harpo ) …

Je suis redevable aux Rolling Stones de m’avoir fait découvrir le R ‘n B et le blues de Chicago avec leurs soli de guitare au son déjà épais et saturé, les parties d’harmonica, la présence de maracas, tambourins, l’un ou l’autre chorus de piano en fond comme le fait Jimmy Johnson pour Chuck Berry ( les Stones confiaient les claviers à Jack Nietsche ou a leur ami de toujours Ian Stewart ) … C’est à partir de Honest I do, Confessin’ the Blues, I’m a King Bee, Little Red Rooster que j’ai pioché dans le répertoire de ces musiques et appris à aimer Muddy Waters, Sonny Boy Williamson, Champion Jack Dupree, Memphis Slim, Buddy Guy, Hound Dog Taylor, Howlin’ Wolf qui me préparaient au choc suivant, le British Blues boom emmené par John Mayall …

La première photo des Rolling Stones que j’ai vue était publiée par le magazine Salut les copains. SLC présentait une série de nouveaux groupes – Pretty Things, Nashville Teens, … - parmi lesquels les Stones qui étaient photographiés devant un mur de briques rouges ( il y en a aussi en Angleterre comme chez les Cht’is, les Belges et les Hollandais … nous sommes tous cousins, en somme … ). Quelles dégaines ils avaient. C’était nouveau aussi. A noter encore qu’à l’époque l’émission radio SLC de Daniel Filippacchi ( il n’y avait rien d’autre à écouter dans le genre, sauf les radios pirates de mer du nord et Luxembourg anglais ) utilisait en bruit de fond pour la pub l’instrumental harmonica/guitare/orgue du premier album Now I’ve got a Witness like Uncle Gene and Uncle Phil … quelques minutes d’ excellence, pas un défaut.

Si le répertoire du groupe est essentiellement consacré aux reprises, Mick, Keith, Brian, Bill et Charlie leur apportent, il faut le souligner quand même, un traitement particulier, personnel en y intégrant leurs valeurs, leurs idées et en se les appropriant. Un peu comme Twist and Shout chanté par Lennon qui est devenu un hymne Beatle même si d’autres l’ont composé.

Au niveau présentation, ils faisaient eux aussi emballer leurs disques dans de très belles pochettes illustrées par les photos de David Bailey … compagnon de Marianne Faithfull … Plus tard et je n’ai jamais compris ce besoin, ils donneront la préférence à des pochettes affreuses et de mauvais goût comme celles de Beggar’s Banquet et son w.c. crado, Let it bleed à l’affreux gâteau à la crème, Tatoo You ou encore Under Cover … Dommage autant qu’ inutile.

Revenons à la musique.

La machine était lancée. Le troisième disque, Out of our Heads, contient LE tube planétaire attendu, le célèbre Satisfaction et un diamant The Spider and the Fly. Entretemps, ils ont sorti The last Time et Play with Fire.

Suivront Aftermath – entièrement composé de morceaux originaux comme Mother’s Little Helper, Lady Jane, Stupid Girl ou le trop long Goin’ home - et Between the Buttons, l’effort suivant, qui est relativement insipide…

Une chose m’a toujours gêné avec les Stones :

Quand les Beatles sortent Yesterday, ils lancent As Tears Go By qui était composée au départ pour Marianne Faithfull. Les Beatles utilise du sitar dans Norwegian Wood … on en retrouve sur Paint it black …A Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band répond Their Majesties’ Satanic Request, un disque – c’est une opinion – raté, quelques plages comme She’s a Rainbow mises à part.

George Harrison innove ( après Love you To sur Revolver ) en incluant à Sgt Pepper un long morceau envoûtant de musique indienne intitulé Within you, without you … Que font les Stones ? Ils enregistrent Gomper … Troublant, vous ne trouvez pas ?

Petit à petit le groupe s’éloigne de ses racines musicales, du R ‘n B et du blues. Il sort We love you pour remercier les fans et le business du soutien montré à l’occasion de leur – court - séjour dans les geôles de Sa Majesté pour faits de drogue et c’est déjà une autre musique … Paint it black est aussi autre chose… Ils reviennent quelque peu au passé rock avec Jumpin’Jack Flash … mais leur inspiration a évolué et c'est bien.

Après la disparition de Brian Jones, ils ont la bonne idée d’attirer l’excellent Mick Taylor ( guitariste de John Mayall ) qui participe à l’enregistrement de très bons disques comme Let it bleed ou Sticky Fingers

Après ce sera moins gai, en ce qui me concerne tout au moins, avec quasi du disco à certains moments … De temps à autre une étincelle comme It’s only Rock ‘n Roll, Waiting on a Friend, Far Away Eyes, Miss you ou Under Cover of the Night … et j’ai cessé de m’intéresser à leur production. Ils sont toujours là – sans Bill Wyman et, soyons francs, avec Ron Wood qui ne remplacera jamais Brian Jones ni Mick Taylor – ils tournent et enregistrent encore mais plus pour moi… That’s life !

Mais, quand même, MERCI pour ce qu’ils m’ont apporté et je garderai toujours une certaine Sympathy for the Devil

( à suivre avec les Kinks et quelques autres ... )
Modifié en dernier par Guy Bonnardeaux le lun. 14 janv. 2013 12:05, modifié 1 fois.

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Message par Guy Bonnardeaux »

Merci cher lagon aux requins ( je prépare un à la loupe sur ton Bob favori pour un prochain REFLETS ... pour quand je l'ignore parce que René en a toute une série que je lui ai transmise )

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